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les Cosmogonies© Par Laurence Frédérique Surjus de Pomarède

Mis à jour : 6 déc. 2019


Au cours de la brillante période d'interprétation de textes sacrés, dont le principal foyer se trouve en Alexandrie, les théologiens de génie ont compulsé laborieusement les documents référents à la naissance des croyances: certains nous expliquent le sens métaphysique, d'autres s'efforcent de les accorder à la tradition biblique; sous le poids de tant d'ingénieuses associations et de commentaires, la trame historique a été dénaturée par une accumulation de subtiles inductions et altérations des textes primitifs anciens, dans le but de les adapter à l'interprétation théologique, sans s'éloigner pour autant du thème primitif.




En somme, quand on compare les récits cosmogoniques avec lesquels on a expliqué la création, et au vu de la faible diversité des procédés utilisés, on peut supposer que ces documents, si similaires entre eux sur le fond, ont dû émaner d'un texte unique primitif, qui ne peut être que le Thot, puisqu'il est le plus ancien et le plus simple et qu'interprété à la lettre il ne comporte rien de surnaturel.




Selon les livres hermétiques, dont la doctrine est d'origine égyptienne, la genèse initiale se compose de quatre êtres primitifs : Knef symbole de Ammon, qualifié d'esprit des dieux ; Neith (la nuit) représentée chez les grecs par Minerve-Atena ; Seb ou Saturne-Cronos, et Pacht ou Demeter. Ces quatre divinités s'incarnent, s'unissent et engendrent les Cabires, pères à leur tour de l'humanité. L'alliance des trois races dans le palus Maeotide (ou mer d'Arzov) est parfaitement représentée par ces quatre divinités; deux d'entre elles Ammon et Seb, représentent les égyptiens et les éthiopiens, alors qu'en Minerve et Cérès-Déméter on reconnaît la reine et le sacerdoce qui régnèrent sur les peuples de Akté, ancien nom du littoral de Tauride (Crimée), la première au sud, l'autre au bord du Bosphore.




La cosmogonie Orphique est profondément influencée par le mysticisme égyptien. Elle reproduit le symbole de l'œuf générateur, et déclare que l'Ether, le Tartar, l'Océan, les Dieux immortels et les Déesses, sont sortis du sein fécond de Jupiter, le premier et l'ultime, le début et la fin. Ces mots qui ont été interprétés au sens abstrait sont la simple confirmation d'un fait : que la fondation de la colonie, l'institution du rite des Enfers, les Champs E lysées et du temple ciel, ont été l'œuvre du Jupiter égyptien, créateur de la nouvelle race.




La majeur partie des cosmogonies recueillies et exposées par les anciens auteurs, participent de près ou de loin cette première datation. Jamblique compte neuf ordres de dieux : les invisibles, les visibles, les archanges, les anges, les génies, les princes de premier rang, ceux de second, les héros et les âmes des astres.




Les affaires du ciel sont dirigés par un agent qui résume toutes les vertus et sciences; son nom est Emef en lequel on devine facilement l'Emfé des hiéroglyphes le roi-ciel. Au dessus de lui est Ichton l'être indivisible qui s'adore en silence; s'ensuivent les agents actifs des choses visibles. L'architecte divin, celui qui préside la vérité engendrée par la force de la connaissance, est Ammon selon les coptes. Ftah est le patron des artisans; Osiris est l'auteur des biens qui distraient les hommes. Jamblique ajoute qu'il y a aussi, selon la croyance des égyptiens, un préfet des dieux, chefs des pouvoirs élémentaires, parmi lesquels quatre sont mâles et quatre femelles. On les nomme les vassaux du soleil. Une partie de la gestion du monde est assignée à la lune. Le ciel se divise en deux parties, et se subdivise en quatre, en douze et en trente ainsi que seize régions chacune présidée par une divinité.




Gardons nous d'en faire une mauvaise interprétation: cette hiérarchie céleste est la fidèle reproduction de l'organisation sidérale, selon laquelle les égyptiens et ensuite les chaldéens ont établi leur ordre politique.




La cosmogonie des indiens est assez proche du mythe chaldéen, bien qu'influencée par le dogme brahmanique. La création est référencée par le Manava Sastra dans le même ordre que la genèse et comme cette dernière elle prend origine avec l'esprit de Dieu flottant sur les eaux : « le monde était obscur, confus, comme perdu dans l'abîme d'un rêve profond » Dieu existant par lui même il s'est manifesté dans les cinq éléments et a dispersé les ténèbres.




Par la manifestation de son pouvoir il créa les eaux les dota d'un mouvement par le feu et créa un œuf brillant comme mille soleils duquel surgit Brahma père de tous les êtres qui raisonnent. Ce Dieu étant resté, pendant nombreuses années dans l'œuf méditant sur lui même se divisa en dix parties égales avec lesquelles il forma la terre et les cieux plaçant l'Ether au centre, les huit points du monde dans le réceptacle permanent des eaux.




Si l'on veut suivre le déroulement abstrait que souffrit le germe historique de la cosmogonie phénicienne il faut se plonger dans les amplifications innombrables et obscures que les gnostiques et les cabalistes ont interjeté en leurs simples éléments. Sans aucun doute ils possédaient de précieuses informations sur les temps que nous nommons mythologiques, laquelle tradition ils reçurent avec l'empreinte de l'amour et de la vénération, de la haine et de la peur qu'avaient éprouvées leurs aînés. Les nomes égyptiens, protecteurs de la race blanche contre la jalousie malveillante des chefs libyens se convertissent en héros, archanges, guerriers alors que les éthiopiens sont représentés comme des démons noirs et géants malfaiteurs.




La kabbale explique sa création par une série d'êtres intermédiaires entre le principe divin et le monde des créatures. C'est êtres sont les dix Sefiroth. Cette décade se compose des numéros sept et trois, qui rappellent le septem trio, les dix étoiles qui composent les constellations du ciel artique et les dix provinces que Platon attribue à l'Atlantide : sept iles et trois distinctes sur le continent. Ces Sefiroth furent la première manifestation du mystique Ensof et lui servirent d'intermédiaire pour créer le monde visible. L'un s'appelle la couronne, l'autre l'intelligence et son association constitue ce que les cabalistes nomment l'Adam Kadmon (le père des Kadmons) de qui émane l'organisation des quatre mondes, Akila, Beriah, Yézirah, Asiah.




La cosmogonie Perse compte sept provinces gouvernées par les Amshans-pands au nom de Ormuz, dans la mythologie des indiens avec sept varsha où règnent les sept richis sortis de l'œuf d'or créé par Brahma secondé par Mahat. La dualité originale des deux races égyptiennes et éthiopiennes est clairement indiquée par Manu : « Les Pitris ou pères exempts de colère, parfaitement purs, déposèrent les armes, parés des plus grandes vertus, et naquirent avant les Deva. D'eux naquirent les Devas et Denavas ou géants, et pour les Devas sont nés les êtres qui composent le monde.





Les livres hermétiques appartiennent par leur rédaction à une époque très récente, si on les compare aux documents indiqués plus haut: mais ils contiennent de précieuses informations recueillies dans les archives égyptiennes. Isis révèle à Horus l'initiation qu'elle a reçu du scribe des Dieux, Isis est ici la personnification de la race lunaire instruite par le nome céleste




Un des caractères essentiels des livres hermétiques et qui fait référence aux éléments antérieurs à la formation des religions, est que l'idée de la divinité est très différente de celle qui s'est propagée après. Comme dans les oracles de la sibylle juive les dieux sont seulement des hommes déifiés, en d'autres termes des dieux mortels.




Comme Sanchoniathon, Hermés répète que la terre est sortie des eaux limoneuses et tremblantes...  « l'inertie dura jusqu'au moment où Dieux, imploré par les dieux inférieurs, se décida à ordonner le monde. Dieu sourit et à sa voix, la femme se présenta en sa parfaite beauté ».




De là l'élégante paraphrase de Pneuma, énamouré de sa propre création, et de Ammon épousant sa mère « ensuite se forma le ciel en sept cercles et les dieux se manifestèrent avec leurs attributs en les astres » On ne peut dire clairement que chaque chef de tribu ou cabire se plaça avec son attribut, cheval, veau, lion etc... sous le patronat dune planète ou d'une constellation.


Ce commentaire est aussi important, parce qu'il s'applique aux versets de la genèse référents à la création du soleil et des astres.




Quand les tribus dévirent plus nombreuses elles adoptèrent un signe zodiacal : ce numéro se multiplia, se tripla ensuite. Ainsi l'expose Hermès en style astrologique : « les trente six horoscopes des étoiles ont chacun un régent. Zeus est souverain du ciel. Les décans, chefs des sept sphères, veillent sur les sommets du monde comme de zélées sentinelles. On les appelle les démons ou les génies, leurs serviteurs et soldats peuplent l'espace ». Ici nous retombons dans le symbolisme sidéral des Perses et des Chaldéens.




Le livre d'Enoch, créé au temps du gnosticisme avec des matériaux très anciens, est aussi un dérivé des écrits de Thot. De manière symbolique, le livre expose une d'une curieuse manière l'origine, le groupement et l'union des trois races avant le déluge.




«Voici : un jeune taureau sortit de la terre; ce jeune taureau était blanc. Après lui vint au monde une génisse, et ils donnèrent le jour à deux taureaux. dont l'un était noir et l'autre rouge. Le taureau noir frappa le taureau rouge et le poursuivit sur la terre, si bien que je cessai de le voir. Mais le taureau noir grandit, une génisse vint à lui, et je vis qu'ils donnaient le jour à plusieurs jeunes taureaux, qui lui ressemblaient et le suivirent. Cependant la première vache quitta le premier taureau pour aller chercher le taureau rouge, mais elle ne le trouva pas. Alors elle poussa de grands cris de douleur et elle le cherchait.




Et je vis le premier taureau qui venait à elle et la consolait; à partir de ce moment elle cessa de crier. Ensuite elle mit au monde un autre taureau qui était blanc et, après lui, elle mit au monde plusieurs taureaux et vaches noires. - Et, dans mon sommeil, je vis le taureau grandir, il devint un grand taureau blanc et de lui sortirent beaucoup de taureaux blancs qui lui ressemblaient […],, »




Quand la philosophie voulut réformer la théologie, elle ne changea que les nombres, remplaçant le surnaturel par l'abstrait Pneuma le nome père, se convertit en souffle ou esprit des dieux; l'esprit se nomma Nous, l'Entendement, et enfin, Logos, le Mot, c'est à dire la science transmise par le langage. Passant au latin Verbum, ce dernier devint la source d'une nouvelle série d'interprétations mystiques : «  au début il y avait le verbe et le verbe était avec Dieu et ce verbe était Dieu »




Phérécyde fut le premier qui tenta d'extraire de la mythologie un système philosophique. Selon lui, trois principes gouvernent le monde : Zeus, dieu du ciel supérieur; Cronos, dieu du ciel inférieur, du temps et des saisons; Chthonia, la terre ou la matière féconde; puis un génie de l'inframonde, Ofioneo, qui correspond à Typhon égyptien, l'Ariman es Perses, représente le dieu du mal.




Epimenides de Crète contemporain de Solon connu évidemment la cosmogonie phénicienne puisque commence comme elle deux principes: un mâle, l'air et le souffle, et un autre féminin, noir, l'Erèbe ou la nuit. «  ces deux principes ont engendré le Tartar, puis deux êtres, dont l'union donna l'œuf du monde, le Mot de Sanchoniathon. Pour ces philosophes, comme pour Orphée, Homère et Hésiode, l'univers matériel représente une sphère ; le ciel forme la partie supérieure et l'inférieure est la terre, recouvrant le Tartar et l'abîme infernal.




Les stoïques, parmi lesquels Varron fut le plus représentant, confondirent ces distinctions en un vaste panthéisme, dans lequel Jupiter l'âme du monde, et les autres dieux étaient les manifestations de ce Jupiter universel: mais traîné irrésistiblement à l'idée cosmogonique, ce libre esprit admet un principe générateur, l'éternel féminin, caractérisé par la terre, mère faite pour engendrer. De là le dualisme des deux forces une fécondante, l'autre fécondée qui servit de base au système matérialiste et qui procède également comme les théories spirituelles, du fait de la conjonction du nome de Ammon avec la femme scythe,





Qu'est il sorti au terme des trente siècles, du puissant alambique nommé cerveau humain, où se sont élaborées tant de conceptions théologiques et philosophiques, si ce n'est l'incessante transmutation des mêmes éléments?




Enserré en un cercle inimitable du thème cosmogonique, dont le sens idéal lui échappe, réduit à jouer avec les mots, à créer des équivoques pour arriver à l'incompréhensible, l'homme n'a pas avancé d'un pas dans la connaissance de lui même et du monde, jusqu'au jour où rompant l'enchantement des tréfonds de son imagination pour chercher Dieu dans son œuvre et s'en approcher il étudie l'univers





Jamblique De mysteriis, VIII, c., II, III


Lois de Manú, trad. de Loiseleur de Longchamp


L. Ménard, Hermes Trimegiste, pag. 282.


Estobe, Eccl. Phys., VI, 14.


Livre d' Enoch, trac. De Lawrence


Saint Agustin. De Civit. Dei. III, IV, 27.


 

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