La Folie© Par Laurence Frédérique Surjus de Pomarède



La folie ne fut pas toujours considérée comme une maladie mentale. 


Ce qui est considéré comme aliénation dans notre modèle de société perd son sens dans d'autres modèles de société. 

Un chamane qui parle aux esprits est vénéré et respecté  au sein de sa culture. Tout est lié à leur vision de leur environnement ainsi qu'à leur manière de fonctionner.   

Ceci transposé dans notre culture occidentale relève du psychotique.

Remarquons que le chamane est toujours le même homme mais que ce sont les autres hommes qui le percevront différemment en fonction de leur base de culture,  du milieu dans lequel ils auront grandi, ils auront évolué et de leur éducation de base.  

Quels que soient les différents exemples que je pourrais citer, il en ressortira qu'une déterminée action, ou un déterminé fait , voir attitude, au sein d'un contexte est accepté par les uns et rejeté par les autres . 


Le concept de folie ne varie pas seulement au regard de l'espace, mais il varie également dans la propre société en fonction des époques ou des lieux. 


En Europe par exemple , à la renaissance le "fou" pouvait vivre libre il était perçu comme détenteur d'un savoir ésotérique gardien des mystères et des vérités secrètes de l'univers. 

Si nous prenons un tarot l'arcane "sans nom" ou le "fou" représente la folie comme une quête errante de la vérité. 

Au siècle des Lumières, l'adhésion au rationalisme des Lumières, la folie est perçue comme étant  une opposition à la raison, mais aussi contre les principes de vérité et de morale. 

Lors du classicisme les fous sont bannis de la société, au même titre que d'autres proscrits , tels les sodomites, les prostituées, les sorciers et alchimistes. 

La psychiatrie surgit quelques temps plus tard avec pour objectif celui de , classer et "soigner la folie" vue alors comme étant  les symptômes d'une perturbation organique. 

Freud joue un rôle important en discutant de la question de normalité envers la pathologie. Dans la psychanalyse ce qui distingue le normal de l'anormal relève d'un degré et non de la nature, ce qui veut dire que entre deux individus un "normal" et un "anormal" on retrouve les mêmes structures de personnalités, mais à des degrés d' intensités différents 

Par ailleurs tous les villages avaient leur "idiot" .


Mais qu'est ce être normal? 


L'idée de la normalité est plus une question de statistique mathématique que de santé.

L'actuel paradigme de la science nous impose des modèles, des étiquettes, des casiers dans lesquels nous devons parfaitement cadrer et surtout ne pas en sortir. 

Cependant en nous imposant une telle classification d'une dite normalité, nous les "normaux" ou ceux qui pensons l'être, tout du moins ceux qui sommes dans la "normalité imposée", nous pouvons  réduire l'univers d'une personne , en l'empêchant de s'épanouir dans sa sphère personnelle. Nous pensons bien faire alors que nous torturons malgré nous en suivant un dogme que nous prenons pour exact .

L'est il? Et surtout est il juste?

Nous pourrons  traiter des personnes "d'hyperactifs" et les assommer de traitements calmants ou nous pourrions également,  les considérer comme étant actifs et leur offrir la possibilité de laisser exploser toute cette énergie dans une activité qui leur permet de se révéler entièrement. 

Nous pourrons toujours dire d'un être qu'il  a une déficience de la  compréhension ou de l'assimilation en le gavant de médicaments ou nous pourrions découvrir  une nouvelle méthode d'enseignement qui lui permettrait d’accéder aux mêmes connaissance que les nôtres avec sa vision à lui. 

Nous pourrions même revoir notre système d'enseignement qui n'est peut être plus adapté à une nouvelle génération d'humains, cérébralement  plus rapides due à l'évolution de l'espèce. Ce ne sont que des suppositions cependant cela s'observe avec les autistes . 

Nous pourrions aussi tout simplement accepter que la vision d'une autre personne sur un sujet, ou que sa perception de l'espace , des êtres... ne soit  pas plus "folle" que la notre et que peut être, c'est justement, cette personne qui a raison quand bien même on ait écrit des fleuves sur le même thème  depuis la nuit des temps.

Car  finalement, nous nous basons sur les dires de encore d'autres personnes désignées comme censées mais par qui exactement?


Souvenons nous que Galilée en son temps a été traité de fou.

Et si nous nous trompions lourdement ? 


Si la vraie façon de vivre était selon la vision de ceux que nous considérons fous?  

Après tout quelqu'un un jour a décidé qu'une carafe devait s'appeler carafe mais le fou veut l'appeler verre et le verre carafe . Est il vraiment fou? 

Pourquoi? 

Parce qu'il est arrivé second dans la dénomination des objets? 

Admettons qu'il soit  arrivé premier, aujourd'hui je boirais dans une carafe de l'eau que j'aurais versée avec mon verre. 

 Un autre exemple; l'amour fut longtemps considéré comme folie pure et déraison ; mais avouons le, il est doux et agréable de se laisser aller à cette folie! 

Et alors que nous l'avons sacralisé, domestiqué, combattu, au point d'en mourir pour les plus malheureux , aujourd'hui nous sommes en quête de cet amour pur tel une vibration que nous avons du mal à trouver dans ce qui nous entoure tellement nous nous sommes pliés aux règles. 

Il existe un patron de comportement,  exigé par la société , et tous ceux qui n'entrent pas dans les lignes tracées du patron sont considérés comme en marge de la normalité. 

Les connaissances et les techniques scientifiques , sont soumises à l'intérêt de certains groupes à maintenir l'ordre social. 

Les courants de pensée, exigences de comportement , ce qu'il est bien ou mal de dire , d'exprimer, de ressentir, de manifester.. tout cela est soumis à ces groupes qui nous manipulent au final, et nous ne nous rebiffons même plus. 

On anesthésie, ou on retire la légitimité du discours à l'individu qui conteste cet ordre, en le transformant en fou. 


Le fou est un être libre de toute influence de pensée, on ne peut lui imposer des idées , il a les siennes propres.  


Longtemps on a pratiqué la lobotomie sur grand nombre de personnes jugées folles, mais si nous regardons objectivement nous avons tous été lobotomisés par la société dans laquelle nous vivons, et non contents de cela nous avons été formatés pour repérer les fameux "fous" et ne pas les laisser nous détourner des dictas de normalités imposés. 

Et pourtant nombreux d'entre nous sont en quête d'autre chose, nous étouffons, nous cherchons une bouffée d'air frais , de nouvelles raisons d'être là, un sens à notre raison d'exister. 


Le fou lui ne le cherche pas. 

Il vit en accord avec lui même sans se soucier de savoir si c'est normal ou pas , sil il est normal ou pas. 


De sont point de vue nous ne sommes pas normaux. 

Je finis par me demander , qui d'entre lui et nous est le plus fou? 


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